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Deadpool presets



A l'occasion de la sortie de Deadpool 2 au cinéma, j'aimerais revenir sur un effet très souvent utilisé en post-production : le camera shake.

Le camera shake consiste à filmer un plan stable (plan fixe ou avec mouvement en utilisant un travelling ou une dolly). Ensuite, on rajoute en post-production un mouvement de caméra pour simuler une prise de vue caméra à l'épaule.

Pourquoi une telle gesticulation? En général, c'est pour ajouter des sfx. Il est plus facile de rajouter des effets sur un plan stable que tremblant (le traking est plus facile, pas ou peu de flou de mouvement à gérer).

Et Adobe a décidé de relayer le travail effectué par Vashi Nedomansky sur Deapool 1, à savoir des presets Premiere et After Effects pour appliquer un effet de caméra à l'épaule réaliste à vos plans. Et c'est gratuit : Blog d'Adobe

La reconnaissance faciale



Loin de moi l'idée de propager l'idée que Disney est une firme maléfique. Il est vrai que j'avais déjà écrit sur le fait qu'ils développaient un logiciel qui monte tout seul. Après tout, IBM a fait de même.

Mais aujourd'hui, Disney franchit un autre pas, en proposant un programme capable de lire les expressions faciales.

Appelé FVAEs (Factorised varational autoencoders), ce programme a été testé sur des personnes qui ont pris place dans une salle de cinéma de 400 places équipée de quatre caméras infrarouge. Ces caméras ont filmé le publique durant les projections de 9 films grand public, dont Le Livre de la Jungle, Les Nouveaux héros, Star Wars : Le Réveil de la Force et Zootopia.

Concrètement, le programme est capable de lire un visage et de décrypter les expressions, en comparant avec une base de données de 16 millions d’empreintes. Le programme est ainsi capable d'anticiper les réactions du public, et de s'assurer que vous ayez les réactions prévues, au moment voulu.

d'Avid à AE



Vous savez combien je suis adepte de la suite Adobe.

J'ai découvert récemment le workflow pour aller d'Avid à After Effects.

Je dois dire que de base, je ne suis pas un adepte d'Avid. Je l'ai appris durant mes études. J'ai peu pratiqué dessus. J'ai récemment dû m'y remettre, en allant travailler pour la télé. Ceci m'a forcé à envisager un nouveau workflow incluant Avid.

Par chance, Avid a mis en ligne un post pour les Adobe Users comme moi. L'info n'est pas récente, mais comme je l'ai appris récemment, je partage l'info, comme j'aime si bien le faire.



Le recyclage dans l'art



Au cours d'une carrière, un artiste, qu'il soit monteur, infographiste, réalisateur, musicien ou dramaturge, sera toujours confronté au refus. Pour une raison ou une autre, son travail ne sera pas retenu, et l'artiste devra ravaler sa fierté, se retrousser les manches et se remettre au travail afin de produire quelque chose de neuf.

Aussi, plus les années passent et plus il accumule les projets rejetés.

Amis artistes, n'en soyez pas amers pour autant. Il y a plusieurs choses importantes à apprendre, la principale étant de ne JAMAIS tomber amoureux de son travail.

Par exemple, voici un générique de début (non fini) que j'avais conçu pour la web série Comique Boulevard. Comme vous vous en doutez, ce générique a été rejeté. Il n'est pas mauvais en soi, il n'était simplement pas assez bon pour le réalisateur.


Au lieu de le jeter, j'aurai pu le garder et le transformer pour un prochain projet. Là, j'ai choisi de le partager avec vous. Il peut me servir de demo pour une agence. Il peut servir à exposer une idée lors d'une réunion. Allez savoir.

L'histoire à tous les niveaux



Bonjour à tous.

Le coup de gueule du jour concerne les nouveaux films faits sans aucun savoir faire, que ce soit au niveau de l'écriture, de la réalisation ou du montage.

Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'une petite histoire qui m'est arrivée récemment. C'était un jour où je n'avais pas la forme. Donc, comme beaucoup, je me suis mis devant la télé, histoire de me vider la tête.

J'ai lancé Netflix, et choisi un film au hasard, sans réfléchir.

Et bien, sans le vouloir, j'ai eu à réfléchir.

J'ai commencé par Priest, film de SF de Scott Stewart sorti en 2011.

Au bout d'un quart d'heure, j'ai arrêté le film, tellement je l'ai trouvé mauvais (et pourtant, je suis très bon public). Ce que j'attends d'un film, c'est qu'il raconte une histoire avec un enjeu bien défini, et avec des personnages dont on comprend bien la personnalité. Peu importe le genre, peu importe que ce soit original ou stéréotypé. Mais il faut au minimum que ce soit lisible.

Là, j'avais l'impression d'avoir affaire à un film qui misait tout sur les effets de style (mise en scène et montage). On a une pauvre voix off pour expliquer le contexte. Et ensuite... Rien ! La caméra s'agite dans tous les sens, le montage enchaine les plans sans logique, sans raison... seul le rythme compte, les personnages sont inexistants, l'histoire incompréhensible, les dialogues ne sont même pas informatifs... Bref, ce film est une vraie cata.

Comment pense un monteur



Depuis quelques temps, je voulais expliquer comment les monteurs s'y prennent pour monter un film. Je voulais expliquer ce processus de création, mi-organique, instinctif, et mi-cérébral que les monteurs développent.

J'avais commencé à rédiger quelques lignes, et au cours de mes recherches, je suis tombé sur cette vidéo, qui explique la démarche beaucoup mieux que ce que j'aurais pu écrire :



Dans cette vidéo, Michael Kahn (le monteur attitré de Steven Spielberg depuis Rencontres du troisième type) explique tout le parcours rationnel et émotionnel du monteur, du dérushage jusqu'au montage final.

Prêt à tout pour percer



Sur cet épisode, je dois avouer que j'ai fait un blocage. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis resté une journée entière en étant incapable de monter quoi que ce soit. Le lendemain, c'était pareil : j'étais incapable de monter. C'est la première fois qu'une telle situation se produit chez moi. Alors, je me suis dit "il faut sortir quelque chose, n'importe quoi".

La bonne nouvelle, c'est que je peux maintenant vous expliquer comment monter, même si votre cœur n'y est pas, même si vous manquez d'inspiration. Tout ce dont vous avez besoin, c'est de savoir monter.



Je m'en suis sorti en procédant étape par étape.

Tout d'abord, il y a le derushage. Pas besoin d'être particulièrement inspiré, il suffit de regarder les vidéos défiler et de noter ce qu'on trouve intéressant. Ensuite, on construit le film en se basant sur le scénario. Là, il n'est pas question de rythme, d'art, ou de qui que ce soit. Il faut juste que les plans se suivent et que le dialogue soit là.

Interview humoristique

Le premier épisode de Comique boulevard est arrivé, et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce ne fut pas une partie de plaisir (c'est une expression imagée. J'ai pris beaucoup de plaisir à monter).

Il s'agit d'un micro trottoir humoristique, autour de la question "Pourquoi les noirs aiment-ils autant le poulet?". Voici le film :



Comme c'est le premier épisode, il a fallu tout créer (générique, musique... ). C'est là aussi qu'on découvre le réalisateur, qu'on s’apprivoise l'un à l'autre, et qu'on apprend à travailler ensemble.

Pour le montage, j'ai retrouvé mes réflexes de monteur tv. Ça demande d'avoir un esprit critique et multi-taches, mais en gros je dérushe et je monte en même temps. Une partie de mon cerveau regarde, écoute et sélectionne. Une autre construit le sujet. Pour ça, je suis assez efficace. Il y a une heure et demi de rushes, je ne peux pas faire de sentiment. Je regarde, et si ça marche je garde. Ce qui ne marche pas va directement à la poubelle. Il n'y a pas de place pour les "peut être" et autres "et si".

La fin du métier de monteur?



Il y a deux ans, j'écrivais sur l'avenir du monteur dans la création d'un film, avec le développement de programmes capables de monter tout seul.

Vous le redoutiez? IBM l'a fait! Avec son logiciel Watson, IBM a monté la bande annonce du film Morgan.

Morgan est un film de science fiction qui traite de l'intelligence artificielle. Rien de plus logique pour la Fox que de mettre an avant le fait que le montage soit fait par une intelligence artificielle. Cela rentre parfaitement dans son cadre promotionnel, tout en effaçant la ligne entre fiction et réalité.

Pour cela, le logiciel Watson est capable de lire une vidéo et d'en reconnaitre le contenu. A partir de là, un monteur (un vrai, fait de chair et de sang) travaille à partir des rushes sélectionnés par le logiciel.

Est-ce que le résultat peut se comparer au travaille d'un être humain? A vous de voir.



Un logiciel qui monte tout seul



Depuis une trentaine d'années, le métier de monteur a connu une véritable révolution avec l'arrivée du numérique : le travail du stagiaire a disparu, le travail de l'assistant monteur s'est amoindri (une partie étant absorbée dans le logiciel). Le monteur lui-même a changé sa façon de travailler, du fait des nouveaux outils.

Aujourd'hui, une nouvelle révolution se prépare : la fin du monteur! Et oui, Disney prépare un logiciel qui serait capable de monter tout seul.

La filiale Disney Research développe un logiciel capable d'analyser des plans issus d'une même scène, et d'en reconstituer un plan en 3D à partir des éléments qui apparaissent dans les plans. A partir de cette carte, le logiciel propose un montage. Le logiciel peut identifier quel plan a la meilleure vue d'un sujet, et est capable de respecter les règles de base d'un montage (notamment la règle des 180°).

Qu'est ce qu'un étalonnage hollywoodien?


Ceux d'entre vous qui regardent souvent les films hollywoodiens ont sans doute remarqué une tendance qui est devenue incontournable dans les films. Je veux bien sûr parler de l'étalonnage, et notamment de ce qu'on appelle l'étalonnage deux couleurs, présent dans quasiment tous les films hollywoodiens.

Tout d'abord, qu'est ce que l'étalonnage? L'étalonnage est une étape de la post-production. Cette étape consiste à reprendre chaque plan au niveau de la colorimétrie, et d'harmoniser les plans entres eux, aux niveau des couleurs, du contraste... dans le but d'avoir une unité colorimétrique tout au long d'un film.

En quoi consiste un étalonnage deux couleurs? Il s'agit d'utiliser deux teintes globales pour une image, une teinte chaude (généralement du orange) pour le sujet (l'acteur) et une teinte froide (bleu ou vert, dans les teintes grises) pour le fond. L'effet fonctionne, et oblige l'attention du spectateur à se concentrer sur le comédien. En effet, l’œil humain est plus naturellement attiré par les couleurs chaudes. En donnant une teinte chaude à l'acteur, et une teinte froide au décor, on oriente l'attention du spectateur sur l'acteur. Celui-ci gagne en présence à l'image.

Le bon soft pour le bon montage



Comme n'importe quel travailleur, le monteur a besoin des meilleurs outils pour travailler. Si vous vous posez la question "quel logiciel est le meilleur?", la réponse est : AUCUN.

Un logiciel est juste un outil. C'est la personne derrière le clavier qui fait la différence.

Aussi, j'ai décidé de regrouper les principaux logiciels existants, afin que vous ayez le choix. Ils sont sur la page Vos outils de monteur sur le menu (en haut, juste au dessus du post). J'en ai recensé 24, du meilleur au plus basique (il en existe quantité d'autres, bien entendu), mais vous aurez déjà un bon aperçu des outils à votre disposition.

Comment faire le bon choix? Disons qu'il faut d'abord vous poser la question : qu'est ce que j'ai envie de faire? Si vous souhaitez juste mettre en forme un vidéo prise avec un portable pour la mettre sur YouTube, sans vraiment d'ambition artistique, un logiciel gratuit fait largement l'affaire, inutile de vous ruiner. Si vous voulez monter une websérie, là aussi, un logiciel gratuit ferra l'affaire. Si toutefois vous souhaitez faire un travail de qualité, avec un étalonnage et un mixage soignés, il vous faudra basculer dans la catégorie des logiciels payants. Cependant, un logiciel payant "bas de gamme" peut amplement suffire. Si vous devez monter un programme TV, ou un long métrage, vous devrez débourser et choisir un des meilleurs de la liste. En effet, vous devrez pouvoir gérer des donnés annexes (batch de digitalisation, keycodes, exports OMF ou DPX...) que seuls les logiciels pro peuvent prendre en charge.

Les mythes en montage



Une fois n'est pas coutume, je pousse un coup de gueule pour dénoncer des idées reçues sur le métier de monteur. Oui, comme dans toutes les professions, il y a quelques légendes qui circulent à ce sujet, le monteur étant souvent vu comme une sorte de magicien capable de l'impossible, ou comme un être maléfique qui manipule images et propos dans le but de tromper le spectateur. N'importe quel monteur (ayant été) en activité a, un jour ou l'autre, été confronté à ces préjugés.

Voici donc un petit billet pour rétablir quelques vérités et briser le mythe.
  • Le monteur ne fait pas de miracle
    C'est sans doute le fantasme n°1 dans ce métier. On s'image, à tort, qu'un monteur peut prendre n'importe quelles vidéos, les assembler, et en sortir un chef d’œuvre. Nombreux jeunes réalisateurs pensent qu'il suffit de confier des rushes à un monteur pour que je ne sais quelle magie opère. Comment dire... Ici, j'y oppose une vérité toute mathématique : le monteur fait avec ce qu'il a. Ça peut sembler ridicule de le préciser, mais par expérience, j'ai déjà vécu des situations où un "producteur" plein de dédains et de préjugés avait tourné n'importe comment son film et réclamait ensuite des miracles (sic). Disons que si je n'ai que des plans en extérieur sur mon banc de montage, je ne peux pas monter la scène en intérieur. Ce n'est pas une question de mauvaise volonté, c'est juste que c'est impossible. Si un dialogue a été filmé sous un seul axe, je ne peux pas faire un champ/contre champ. Là encore, ce n'est pas que je n'y mets pas du mien, c'est juste que c'est encore impossible. Le montage ne sert pas à faire de la mise en scène, c'est une phase complémentaire de la mise en scène.

Le renouveau du montage dans les années 90



Traditionnellement,  le montage d'un film est la succession des plans visant à raconter une histoire, le rythme de cette succession de plan s'accordant au récit (rythme calme dans les scènes calmes, rythme plus soutenue dans les scènes plus spectaculaires).

Pourtant, dans les années 90, deux monteurs ont travaillé a contrario de ce schéma, et bousculé les codes établis : l'américaine Thelma Schoonmaker et le chinois David Wu. Tout les deux, chacun de leur côté, ont eu un raisonnement similaire sur le montage : le montage n'a pas à être l'esclave du scénario et du film. Les scènes importantes peuvent être montées rapidement, et les scènes anodines peuvent être étirées au maximum.

Thelma Schoonmaker est la monteuse attitrée de Martin Scorsese. Elle monte tout ses films depuis Who's that knocking at my door? (1967) (sauf Mean streets et Taxi driver) et refuse, à quelques exceptions près, de travailler avec d'autres réalisateurs (Mathieu Kassovitz notamment l'avait contactée).

Les affranchis / Casino

David Wu est un réalisateur et monteur hong-kongais. Il fait ses premières armes à 17 ans sur La rage du tigre de Chang Cheh, dont il monte l'incroyable séquence finale. Après plusieurs films, il est embauché par John Woo sur Le syndicat du crime (1986). Il est depuis considéré comme le monteur attitré de John Woo, même s'ils n'ont fait que quatre films ensemble.

A toute épreuve






Ces monteurs, en collaboration avec leur réalisateur, ont tout simplement décidé que le rythme du montage n'avait pas à se caler au rythme du récit.

Le montage à l'intérieur d'un plan




Bonjour à tous.

Aujourd'hui, je vais vous expliquer le principe du montage au sein d'un plan, ou comment certains réalisateurs ont mêlé montage et mise en scène, pour rythmer une scène et laisser les acteurs jouer sans coupure, sans rien sacrifier à leur mise en scène.

Sur un film, le travail du monteur consiste à assembler les plans, généralement tournés à des échelles différentes, pour rythmer les scènes à travers la succession des coupes. Donc sur le plateau, le réalisateur organise le tournage de manière à capturer sa scène sous différents angles, à différentes valeurs de plan, afin que le monteur ait suffisamment de matière pour travailler, le tout dans le respect du budget, et dans les délais impartis.

Cette méthode a cependant un inconvénient pour les comédiens. En effet, ils doivent composer leurs personnages en fonction, n'ont pas toujours la possibilité de se laisser porter par le jeu, et doivent parfois recommencer une interprétation afin qu'elle soit filmée sous un angle différent.

C'est là où certains réalisateurs font preuve d'intelligence. Ils tournent un plan-séquence en mêlant réalisation et montage, afin d'offrir aux comédiens la possibilité de jouer en continu, tout en faisant le travail du montage à la caméra. L'échelle des plans et la variété des angles se fait donc durant le tournage, au gré des mouvements de la caméra, et du placement des comédiens dans l'espace.

Le montage extra-diégétique



Aujourd'hui je vais vous parler du montage extra-diégétique.

Le montage extra-diégétique est une succession de plans, qui apportent ou non un sens à une narration, mais qui n'a rien à voir avec le contenu de la scène.

Concrètement, qu'est ce que cela veut dire? Prenons l'exemple de la célèbre scène de l'escalier d'Odessa, dans le non moins célèbre Cuirassé Potemkine de S. M. Eisenstein, grand théoricien du cinéma.

Dans cette scène, on peut voir une manifestation repoussée par les forces du tsar. L'arrivée du cuirassé dans le port, et ses tirs de canon sur les soldats, stoppe l'armée tsariste et sauvent les survivants du massacre. Cette scène représente l'armée qui se joint au peuple pour s'opposer au pouvoir en place.

Et que fait Eisenstein pour symboliser ce soulèvement? Il insère, au milieu de la scène, trois plans. Le premier représente la sculpture d'un lion allongé, endormi. Le deuxième représente la sculpture d'un lion toujours allongé, mais qui redresse sa tête, comme si son attention était attiré par quelque chose. La troisième représente la sculpture d'un lion debout sur ses pattes avants. On a donc, en trois plans, un lion couché qui se redresse.

Monter un teaser



Bonjour

Récemment, j'ai monté un teaser pour une société de production. Pour l'inspiration, j'ai parcouru le web, à la recherche d'autres teasers de sociétés dans le secteur de l'audiovisuel, mais rien ne m'a vraiment plu. La raison : tout ce que je voyais, c'était des juxtapositions d'images, très belles au demeurant, mais qui ne renseignaient pas du tout sur la société même.

Je me suis dit qu'il y avait peut être là un manque de savoir-faire de la part de mes collègues monteurs pour ça. Mais ne vous méprenez pas, il faut bien monter les vidéos les unes à la suite des autres. Après tout, c'est ce qu'on attend d'un teaser. Mais il y a une différence entre une suite d'images, et un teaser de société.

Alors, comment doit-on s'y prendre? Tout d'abord, prenons le problème à la source. Qu'est ce qu'un teaser? Un teaser est un clip qui doit présenter une société, son identité, son secteur d'activité... et la mettre en valeur. Votre but, en tant que monteur, est qu'en regardant le teaser, un client dise : "J'ai envie de travailler avec eux" et ait envie d'en connaitre plus sur cette société. Vous l'aurez compris, il ne s'agit pas d'Art (dieu que je ce mot est galvaudé), mais plutôt de com'. Votre travail doit se rapprocher de celui du marketeur, vous devez "vendre" la société, et appâter le client.

Bien entendu, en tant que monteur, vous avez un cahier des charges, ainsi que des contraintes parfois très présentes,  la plus courante étant que vous ne pouvez monter que les images que vous avez. En d'autres termes, vous faites avec ce qu'on vous donne, et vous ne pouvez pas non plus inventer des plans qui n’existent pas. Mais même avec ça, vous devriez pouvoir vous en sortir.

Voici quelques points indispensables à un bon teaser :

L'effet Koulechov


Aujourd'hui, je vais vous expliquer l'un des principes du montage, à travers l'experience connue sous le nom d'Effet Koulechov.

En 1922, alors qu'il était le directeur de l'école russe de cinéma VGIK, le théoricien Lev Koulechov mis en place une expérience visant à démontrer la faculté d'une image à influer sur une autre au sein d'un montage.

Pour cette expérience, Lev Koulechov choisit un gros plan de l'acteur russe Ivan Mosjoukine, dans lequel il avait une expression et un regard tout à fait inexpressif.  Il fit un montage, où à trois reprises, il précéda le plan d'un autre plan représentant l'objet de son regard (une assiette de soupe, un cadavre dans un cercueil, et une femme allongée dans sur un canapé).